c'était pour ça, alors, c'était pour ça, alors, c'était pour ça, alors, c'était pour ça, alors, c'était pour ça, alors, c'était pour ça, alors alors alors c'était pour ça

tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur parce que tout est à l'intérieur.
parce que tout
est
à

Train de vie


Je ne suis jamais allé bien loin. Les environs, oui, les champs, le village aujourd'hui presque entièrement déserté, la petite forêt de feuillus, le lac. Rien de plus. Et puis là le paternel me convoque, et avec sa grimace de vieux bougre il me dit de partir. J'ouvre la bouche pour protester mais déjà il me pousse dehors, me glisse une photo de ma mère dans la poche, m'embrasse pour la première fois depuis dix ans au moins et me voilà sur le quai de la gare. Pourquoi les choses vont-elles si vite. Pourquoi tant d'ellipses, de raccourcis, quand on voudrait justement analyser la situation avec calme. Pourquoi suis-je déjà dans le train, moi qui n'ai jamais quitté ma maison. Cette quête n'est pas la mienne. Je regarde par la fenêtre, fasciné par le déroulé du paysage et des événements. Dans un train, pour la première fois de ma vie. J'ai tellement peur de perdre mon billet que je n'ose pas le ranger quelque part. Je le tiens serré dans ma main, le front collé à la vitre, les yeux dans l'alternance de l'extérieur. Dans le train il fait chaud, ce n'est pas un très grand train, il ne va pas très vite, il n'est pas très neuf, pas très moderne, il fait beaucoup de bruit, une boucle régulière, profonde et apaisante à la longue. Je suis seul dans le wagon. Je relâche mes doigts, glisse mon billet en poche, à côté de la photo de ma mère. La seule photo d'elle que je connaisse. Elle s'y tient droite, une main sur la hanche, un large chapeau de paille sur la tête, des cheveux noirs en bataille qui dégringolent sur ses épaules nues. Elle porte une robe de tissu bariolé, des bottes jaunes, des bracelets et des colliers. J'ai toujours pensé que cette photo était une photo de magasine à laquelle s'accrochait le vieux bougre, pour s'inventer un passé plus coloré et pour m'inventer une descendance plus brillante. Une illusion. Je reste quelques instants le regard planté dans cette exubérance, puis mes yeux replongent dans le défilé des paysages. 
Combien de temps se passe. Je n'en sais rien.
Nous passons quelques gares, sans jamais s'arrêter. Je suppose que la ville est encore loin. Je mange un biscuit. 
Puis le contrôleur. 
L'entrée du contrôleur. Et la sensation que quelque chose bascule avec son apparition. D'abord le son. Il ouvre d'un coup la porte du fond du wagon, et le son redouble de puissance, s'épanouit soudain dans les aigus, me tire brusquement de ma torpeur. Dans ce bruit devenu assourdissant, je vois sa silhouette en contrejour, il est énorme dans cette petite porte, le bras tendu pour la maintenir ouverte, et le vent s'engouffre avec lui, le vent est avec lui, il reste quelques instants dans l'embrasure de la porte, sa masse extraordinaire, ce vent, ce bruit, cette lumière, c'est le dieu de ce train, c'est l'homme de ce train, c'est l'animal de ce train, c'est l'histoire de ce train, c'est la légende, le mythe ancestral, le souffle, la puissance, les pistons, la vapeur, la fusion, le cri, la voie, le métal et le bois, le charbon, la terre parcourue, divisée, les bisons massacrés, les larmes et la sueur des esclaves, l'esprit du train. Puis il ferme la porte. J'ai l'impression que mes oreilles se bouchent. Que le temps se dilate. Les quinze pas du contrôleur pour arriver jusqu'à moi. Je perçois la moindre ondulation de ses vêtements. La veste de contrôleur ouverte sur une chemise blanche épaisse, ouverte jusqu'au troisième bouton. Il est dans la force de l'âge, ses cheveux blond pâle en bataille s'évadent de sa casquette de contrôleur. Il a du ventre, de la chair, un pantalon de contrôleur gris orné d'une bande rouge, à sa ceinture une pochette en cuir usé pour le matériel de contrôleur, bics, poinçons, carnets. Ces quinze pas durent quinze ans. Toute sa présence, toute la profondeur primitive de sa chair, son regard bleu-gris qui a gardé cette mémoire, me font sentir si faible, si tordu sur ma banquette, si petit, perdu, faillible. Il s'arrête un instant devant moi avant de parler, un instant qui dure cinq ans de plus. Puis il parle, mais dans un premier temps je ne comprends pas avec mes oreilles bouchées, j'ai l'impression d'entendre le chant d'une baleine cosmique. J'avale ma salive. Mes oreilles se libèrent dans un léger "plop". Il dit: 
Billets s'il vous plait, trainkaartje alsjeblieft.
Je tends ma carte. Il se met à la poinçonner, trois trous, lentement, sur le bord droit. Puis il accélère et poinçonne toute la longueur de dizaines de trous. Puis il retourne la carte et recommence, plus vite, plus frénétiquement, attaque une diagonale jusqu'au centre et revient par la médiane, et là dans la pluie de confettis qui s'éparpille sur le sol je reconnais l'œil de ma mère.
Je bafouille quelque chose comme "non, stop, excusez-moi, je me suis trompé, c'est une photo, de ma mère" mais peut-être dans un autre ordre. Il lève les yeux sans s'arrêter.
Il n'y a pas de problème, monsieur, c'est en ordre.
Je n'ai pas le temps de lui fournir une explication plus ordonnée, il me rend déjà ce qui reste de la photo, un mince cadre de quelques millimètres. Un trou, bordé d'une jolie dentelle, c'est une assez bonne métaphore de ma mère aussi. J'ai sorti mon billet de ma poche, je le lui tends les yeux rivés sur ce qu'il reste de la photo au sol. Le contrôleur s'en saisi et se fige. Plus un mouvement. On passe encore une gare. Je dis " le train s'arrête avant la ville?", mais dans un premier temps il ne répond pas, le regard dans le billet. Je lève la tête. 
Il y a un problème?
Il ne quitte pas le billet des yeux.
Ce train ne s'arrête pas, monsieur
Ah mais, à la ville, alors, c'est...
Non plus.
Non plus?
Ce train ne s'arrête jamais, monsieur. C'est clairement indiqué.
Il a bien fallu qu'il s'arrête pour que je monte dedans.
Pas de réponse. Perdu dans le billet.
Ce train va bien vers la ville?
Je dois reconnaître que c'est étrange.
Quoi donc?
Pas de réponse.
Qu'est-ce qui est étrange?
J'ai cru un moment... Mais non, en fait, non...
Il me rend le billet sans l'avoir poinçonné même une fois, me regarde et dit:
Je ne connais pas cette femme, désolé.
Puis il se détourne, ouvre l'autre porte du wagon, plus proche de moi, bruit assourdissant,vent d'apocalypse, silhouette énorme dans l'embrasure, et dans ce chaos je crie "Mais alors comment on descend de ce train?", et lui, d'une voix terrible, avant de disparaître dans la lumière et le vent:
Comme on y monte, monsieur: en marche!



Perte de sens

Un humain tue une centaine d'humains avec un camion
Quelques humains tuent d'autres humains avec des armes
Un humain ordonne le massacre de milliers d'humains
Un autre humain celui de millions d'humains
Un humain incite au genocide de beaucoup d'humains
Quelques humains se partagent les richesses de millions d'humains 
Un humain exploite des milliers d'humains
Un humain tue un humain qu'il connaît
Un humain tue des humains qu'il ne connaît pas
Un humain exécute des centaines d'humains
Un humain tue des humains
Un humain sacrifie des humains
Un humain détruit des humains
Trois humains tuent beaucoup d'humains
Un humain massacre au hasard des humains
Un humain tue des humains dans un lieu plein d'humains
Un humain
Humain
Humain
Humain


L'entresol

Le corps de la mère
Le sexe du père 
La tête trop longtemps dans l'eau, jusqu'au cri
La poésie qui lève un morceau du voile
Les drames sous silence
L'évanouissement
Pas d'explication autre
Pas de recours à la matérialité 
Les premières envie de fuir
Par l'évacuation d'eau
Seule issue, impossible issue
Sauf pour les glaires qui flottent dans la mousse du bain.

Les aventures de Soporman / épisode 6574738

Résumé des épisodes précédents :
Soporman comprend qu'il ne comprend pas.

Alors que les fantômes s'agitent autour de cette histoire de sommeil (jamais bien loin de la mort),
Soporman garde les yeux dans le plafond, les plis et l'amour qui le bouleverse.
L'un d'entre eux ri de bon cœur devant les ruines de son égo réduit encore une fois en cendres (mais il n'y a pas d'urne pour ce genre de combustion). Soporman prend son élan à bras le corps. Il retire ses pelures jusqu'à suinter comme un oignon cru, ça lui pique les yeux toujours ouverts. Il est allé au bout de quelque chose, mais quelques heures plus tard son passé le rattrape dans le viseur. Son ennemi prend une autre forme, un autre nom encore, insaisissable, Soporman naïf y voit un instant un produit d'entretien des sols. C'était une ruse habile, le savon à un sale goût dans la bouche, il veut qu'on le regarde, il veut se faire mousser. Le pouvoir de Soporman est de plus en plus faible et ténu, il essaye de se recharger par les yeux et la contemplation, mais la combinaison est acide, et il a tombé le costume pour dévoiler sa vérité nue, ce qui le rend plus maigre, plus faible, plus inutile, plus loin, plus vieux, plus fragile, plus vaporeux, plus triste, plus égaré, plus con, plus inutile, plus déconfit, plus tourmenté, plus triste, plus blanc, plus étriqué plus vide plus enfantin plus écorché plus ridicule plus exposé plus cramé plus bancal plus aveugle plus noué plus 

Le savon gagne en force, il mousse, on le regarde, on l'admire dans sa pose sexy mouillée, Soporman vomi ses dernières entrailles sur son propre tas de pelures desséchées. Mais il a le temps de ramasser sa mixture, pour l'emporter dans son laboratoire secret au trente-sixième dessous. Rien n'est encore perdu, peut-être....

Suite au prochain épisode. 

C'est enfin l'hiver nucléaire dont tout le monde parle dans mon dos

J'aimerais, oui pourquoi pas, aller ailleurs
Du coup être ailleurs
Oui pourquoi pas 
J'aimerais ça etre ailleurs moi aussi
J'ai pas l'air
Mais ailleurs ailleurs
Oui
Loin ailleurs
Totalement ailleurs 
Je désire tellement ne pas être ici
Mais totalement ailleurs
Pas à cent mètres cent kilomètres 
Pas sûr une terre une île où un rocher
Non
Ailleurs
Pas de l'autre côté de ce globe
Pas dans une ville une jungle ou un désert 
Vraiment ailleurs 
Vraiment
Un ailleurs 
Tellement ailleurs
Que je ne serais plus vraiment moi
J'aimerais, oui pourquoi pas, ne plus être moi
du coup être autre chose
Oui
J'aurais plus l'air
Mais autre chose vraiment
Autre chose
Totalement autre chose
Je désire tellement ne pas être moi
Mais totalement autre chose
Autre chose ailleurs.



le furet, l'arpenteur et le pendu

jev o__
            |ud  rais __ qu________ecetro u
                                                                 |
                                                                 |
                                                                da nslen œu           d_______ d_____ans
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                                                                     des yeux

la topologie de l'abandon

rien
en bas, le piano, le jardin, la table
les petits sermons normatifs
en haut le drame permanent
le théâtre de la déchirure
entre les deux la salle de bain
un moment d'inconscience, un poème dans les larmes
l'angoisse cristallisée dans la vapeur d'eau
sous les toits l'occupation précaire du sentiment
la main volatile dans les cheveux
l'incapacité
le déni
c'est la topologie de l'abandon
une découverte qui fait la une de mes souvenirs
une page pour écrire les vieux os
et que se reformule encore une fois la chaîne
les maillons défaits dans l'air trop dense
jusqu'à ce que je sois encore un autre
pourquoi pas
pourquoi
pour
toi